Contre quels maux peut-on consommer du cannabis thérapeutique ?

Le cannabis était autrefois employé à des fins thérapeutiques dans certains pays tels que l’Inde, la Chine et le Moyen-Orient. Sa non-légalisation a freiné son emploi dans d’autres pays. Par la suite, il a été prouvé en 1990 que l’organisme possède des récepteurs à cannabinoïdes. Des études effectuées en 1964 révèlent que l’une des molécules cannabinoïdes du cannabis qu’est le delta -9 – tétrahydrocannabinol (THC) possède quelques propriétés psychoactives. La plupart des pays ont donc procédé à la légalisation de ce composé pour permettre aux patients de profiter de ses bienfaits. Contre quels maux peut-on alors consommer du cannabis thérapeutique ? Nous vous faisons le point.

Les douleurs chroniques

Les traitements classiques habituellement employés pour soulager les douleurs chroniques sont parfois inefficaces et provoquent également des effets secondaires. Le cannabis contient des molécules cannabinoïdes, dont le THC qui permet d’apaiser les douleurs chroniques (migraines, rhumatisme…) des patients. Plusieurs études ont été effectuées en ce sens et permettent de confirmer les effets positifs de ce composé chez les patients atteints de douleurs chroniques.

À cet effet, des études ont été réalisées en 1975 chez des individus atteints de cancers. La première étude avait pour but d’évaluer les effets de quelques doses de THC (15 mg et 20 mg) sur un échantillon de 11 sujets cancéreux. Les résultats issus de cette étude révèlent que les doses de THC ont un effet positif sur les douleurs chroniques présentes chez ces derniers.

La seconde étude avait pour but de comparer les effets de la codéine à ceux du THC. Cette étude a été réalisée sur un effectif de 35 patients ayant reçu des doses de 10 et de 20 mg de THC. Les effets positifs de la codéine dans les proportions de 60 et de 120 mg étaient semblables à ceux des différentes doses de THC.

En outre, l’administration d’une dose de THC égale à 20 mg provoque chez certains patients des étourdissements, de la somnolence, une réduction de l’acuité visuelle, etc. Par contre, aucun effet négatif n’a été noté chez la majorité des patients lors de l’administration d’une dose de THC égale à 10 mg.

Lors du traitement des douleurs chroniques à partir du THC, les chercheurs recommandent alors des doses de THC très basses (inférieure ou égale à 10 mg). Ceci permettra de protéger les patients contre les effets négatifs engendrés par le surdosage de ce composé.

La sclérose en plaques

La sclérose en plaques est une maladie inflammatoire capable d’endommager la myéline. Fréquente chez les adultes, elle provoque la dégénérescence des fibres nerveuses. Les individus atteints de cette maladie présentent généralement des symptômes comme les spasmes, les crampes, la réduction de la mobilité, etc. La plupart des traitements sont inefficaces contre ces symptômes à cause du caractère auto-immun de cette affection.

Par contre, les molécules cannabinoïdes (CBD et THC) du cannabis permettent aux patients d’être soulager des symptômes liés à la sclérose en plaques. À cet effet, une étude préalable a été effectuée au Pays-Bas et en Angleterre chez des patients atteints de sclérose en plaques. Cette étude permet d’affirmer que le THC est bénéfique pour les patients présentant des symptômes liés à la sclérose en plaques. De même, les patients souffrant de troubles identiques à ces symptômes (troubles de la moelle épinière, traumatisme médullaire…) étaient aussi soulagés.

D’un autre côté, pour le traitement de la sclérose en plaques un médicament dénommé « Sativex® » a été autorisé dans certains pays (Suisse, Canada…). Ce médicament est élaboré à partir d’une quantité égale de molécules cannabinoïdes (2,5 mg de CBD et 2,7 mg de THC).

Les troubles du mouvement

Le cannabis joue un rôle essentiel dans le traitement des troubles du mouvement. Il s’agit entre autres de la chorée de Huntington, du syndrome de Gilles de la Tourette, de la maladie de Parkinson, de l’épilepsie, etc. Plusieurs études récentes ont été effectuées pour confirmer cette théorie sur les effets du cannabis en matière de troubles du mouvement. C’est le cas du syndrome de Gilles de la Tourette où les extraits de cannabis ont été employés sur des sujets atteints de cette maladie. En revanche, pour d’autres types de pathologies liées aux troubles du mouvement les effets du cannabis thérapeutique n’ont pas totalement été reconnus.

À cet effet, le fabricant du Sativex (GW Pharmaceuticals) a mis au point un médicament dénommé Epidiolex qui contient du cannabidiol (CBD) à 98 %. Avant d’être homologué aux États-Unis, le fabricant a financé une étude qui a été réalisée par New England Journal of Medecine. Les résultats de cette étude permettent d’affirmer que l’Epidiolex est efficace contre les crises d’épilepsie. L’épilepsie présente deux différentes formes infantiles (syndrome de Dravet et syndrome de Lennox-Gastaut) qui peuvent être éradiquées par l’Epidiolex. Toutefois, les effets de ce médicament sur les crises d’épilepsie ne sont pas unanimement avérés. Son emploi est alors limité dans certains pays.

L’anorexie liée au SIDA

L’anorexie est l’un des symptômes présents chez une personne atteinte du virus du SIDA. Cette pathologie se manifeste par la perte d’appétit et l’amaigrissement. Le cannabis possède des propriétés thérapeutiques qui peuvent être bénéfiques pour une personne anorexique souffrant du SIDA. En effet, au sein de l’organisme et plus précisément au niveau de l’intestin et de l’hypothalamus, il existe des récepteurs à cannabinoïdes.

L’hypothalamus intervient dans la régulation de plusieurs fonctions (faim, sommeil, soif…). Après la prise du cannabis, l’organisme déclenche une réaction immunitaire qui permet de reconnaître les récepteurs à cannabinoïdes présents au niveau de l’hypothalamus et de l’intestin. En complémentarité avec les récepteurs à cannabinoïdes, les molécules cannabinoïdes stimulent l’hypothalamus qui active le contrôle de la faim chez le patient.

En outre, le cannabis possède quelques propriétés anti-vomitives qui permettent de réduire le vomissement et les nausées chez les sujets. Dans certains pays (États-Unis, Canada…), le dronnabinol (forme naturelle du THC synthétique) a été approuvé pour le traitement de l’anorexie lié au SIDA. Avant d’en arriver à ce stade, deux différentes études avec placebo ont été réalisées à l’insu des patients. Les résultats issus de ces études témoignent des capacités de ce composé à réguler la perte de poids et l’appétit.

Le glaucome

Certains spécialistes œuvrant dans le domaine de la santé affirment que le cannabis thérapeutique peut être employé pour soulager le Glaucome et d’autres pathologies. Il s’agit entre autres de la fibromyalgie, de la schizophrénie et du diabète. À propos du Glaucome, quelques études ont été menées chez certains patients pour confirmer cette théorie.

Cependant, les résultats révèlent que pour aboutir à un effet durable il faut employer des doses élevées de cannabis. Ce qui risque de provoquer des effets secondaires chez les patients. Par ailleurs, les médicaments habituellement recommandés pour le traitement de cette maladie sont parfois inefficaces. Dans le cas où ces traitements aboutiraient, leurs effets positifs diminuaient avec l’emploi des médicaments puis on note l’apparition des effets secondaires.

En définitive, le cannabis thérapeutique peut être employé dans le traitement de différents maux. Toutefois, il faut prêter une attention particulière au dosage.